Arlequin Inverti E. × Les créations précédentes

LOLA M. × ELLE BUNKER × Marcher dos à la mer


× Chemins au milieu du désastre ×
2001

Petit Bonhomme aime beaucoup l’Amant. Et vice versa. Avant qu’ils ne se connaissent, l’Amant vivait déjà avec Sidatrav’. Ils ont vécu à trois sans trop d’histoires. Jusqu'à ce que Sidatrav’ transforme l’Amant en Amant-Mourant.

Chemins au milieu du désastre c’est l’absurdité des dernières heures. C’est l’instant que choisit Sidatrav’ pour prendre ce qui lui appartient, Ce sont les heures où Petit Bonhomme s’aperçoit qu’il n’y a «plus qu’à attendre», ce sont les jours où l’Amant-Mourant est déjà par delà la parole.

Les Chemins au milieu du désastre, ce sont ceux que l’on prend quand on accepte de ne pas pouvoir faire marche arrière, que le rembobinage nous est interdit («rewinding is not allowed»).

Sidatrav’ et Petit Bonhomme ne se croiseront pas. C’est normal : aucun des deux ne peux accepter l’autre. C’est normal, même si Sidatrav est tellement plus à l’aise, plus écrasant que Petit Bonhomme. Ils entrent chacun leur tour dans cet espace du « théâtre du nous», pour se confier soit à l’Amant-Mourant (simple poupée dans leurs mains), soit au public de ce théâtre-intime.


× Je me sens tellement mieux ici ×
2002-2003

Je me sens tellement mieux ici est un diptyque dont les deux parties sont d’une structure très différente. Ces deux pièces ont pour seul sujet la détresse intime, la difficulté de communiquer, de s’insérer dans une société, d’imposer notre identité dans une structure que nous n’avons pas forcément choisie.

Je me sens tellement mieux ici est un cri que l’on ne reçoit jamais directement. Ce cri nous parvient soit avec un écho masculin, soit avec un écho féminin.

Les deux pièces reprennent, mais de manière assez différente, les mêmes thèmes : la recherche d’identité, la recherche du plaisir, la sensation d’enfermement, le cloisonnement des diverses parties de notre être qui nous empêchent d’être entier.

Les lieux de Je me sens tellement mieux ici sont des lieux de transit, des lieux où se reposent un peu ceux qui fuient une condition, une version de la réalité qu’ils ne peuvent accepter.
Les personnages acceptent de sortir du ventre ou du sex-club, de reprendre le cours de leur existence. Mais ce départ est toujours amer puisqu’ils quittent un endroit qu’ils croient sécurisé pour affronter la vie, ils se résignent à cette seule et unique solution.

Je me sens tellement mieux ici

Synopsis 1 ( Lesbia Project)
Une Lesbienne déçue par l’amour retourne dans le ventre de sa mère. Elle s’y sait en sécurité et confie ses doutes, ses envies à son vieux jouet de bois et de chiffon.

Synopsis 2 ( X-utero)
Des hommes cherchent le plaisir dans un sex-club. N’ayant pas la même définition du plaisir, ils s’enfoncent dans le malentendu et la violence.


× Monstres ×
2004

C’est la nuit. Je suis assis dans mon lit avec les yeux grands ouverts. Si j’ai envie, je peux me pencher un peu sur la droite et attraper mon reflet dans un miroir. Mais c’est à toi que je pense. Je ne m’attendais pas à devoir te porter aussi longtemps entre ton entrée à l’hôpital et ta mort. Je ne m’attendais pas à avoir autant de force.
Que reste-il de l’être aimé quatre ans après sa mort ? De quoi se nourrit la bête du deuil ? Quand je me réveille en pleine nuit, avec un poids sur la poitrine, je  pense à quoi ?
                Des images, des masques effrayants, des corps mous ou disloqués, le souvenir d’une infirmière, le sida en nuisette, une chanson qui résonne dans le vide…  L’espace se peuple  de personnages étranges. Ils sont «Monstres» car tous sont crées comme un rempart, comme une réaction face à la mort. Ils sont «Monstres» car ils sont nés soit de la douleur soit du rire. Et le rire comme la douleur  déforment le corps et les pensées. Ces «Monstres» sont sûrement nés pour rétablir l’équilibre. Ils sont là comme des garde-fous.
 Sur une scène quasi vide, deux acteurs essayent de rendre compte des différentes facettes du deuil. Les mots et les situations chavirent, pendant une heure, entre le baroque et l’austérité, le souvenir triste ou les visions absurdes.


× Déballage ×
2005

Les deux comédienNEs lancent vers le public un enchaînement de phrases nettes, sans intention particulière, sur leurS intimitéS. Ces phrases sont tantôt drôles, tantôt sérieuses ou pathétiques. Ces réflexions sur l’intime débouchent parfois sur des considérations plus générales sur les homosexuelLEs d’aujourd’hui.
Nous avons décidé de mettre en scène notre intimité en espérant qu’elle rencontre celle des spectateurs. Nos intimités sont déballées de façon mécanique : le tragique et le futile sont annoncés avec la même énergie. C’est une mise à plat de nos vies et nous voulons, par cet acte, que le public puisse faire son marché dans notre intimité et ainsi regarder la sienne avec un point de vue nouveau.
Lors de l’écriture et de la mise en place du spectacle, nous avons toujours cherché le point de contact souterrain qui relie l’intimité de personnes différentes et qui ne se connaissent pas. Si certains parlent d’inconscient collectif nous voulons, par le biais de Déballage, parler intimité collective.
De grands tissus blancs pendent en arrière-scène. Ils seront enlevés par les comédiens vers la fin du spectacle. Sur ces tissus blancs sont projetées des images issues du journal intime vidéo d’un des membres de l’Arlequin Inverti E. Ces images ont été montées pour coller au plus près de la structure des phrases dites par les comédiens. Les images qui vont défiler pendant une heure seront donc chaotiques, obsessionnelles, lugubres ou pleines de soleil et de bonne humeur. Le film peut être regardé ou juste servir à éclairer les deux comédienNEs.

Les deux comédienNEs sont habillés et maquillés de blanc pour eux aussi servir d’écran. Tous les éléments sur scène sont blancs. Ce blanc sur lequel des images sont projetées sans pouvoir se fixer est synonyme tantôt d’anonymat, tantôt de milieu hospitalier.
Dans notre mise en scène le blanc permet aux spectateurs de projeter leur propre histoire ou leur vie rêvée.